Sebastião Salgado: Blessure


C’est cette « blessure ouverte » que Sebastião Salgado a choisi de montrer pour la première fois à l’Espace Frans Krajcberg, dans une exposition intimiste. Ces photos inédites sont là pour nous alerter et rappeler qu’une blessure sur laquelle on se penche peut guérir. L’immensité de l’Amazonie, sa force, sa vitalité, lui permettront de survivre si nous prenons conscience des dangers qui menacent cet étonnant écosystème, indispensable à notre équilibre.

Dans cette volonté de « dénoncer » pour nous forcer à agir, Sebastião Salgado rejoint Frans Krajcberg (1921-2017), qu’il a connu et avec qui il partage la même passion des arbres et de la forêt brésilienne. Son œuvre photographique et son engagement s’inscrivent dans la continuité du travail artistique et militant de Frans Krajcberg, dont les sculptures-totems, faites de bois brûlés ramassés sur les lieux de la déforestation, symbolisent selon Sebastião Salgado « la tourmente et la résurrection de la forêt morte ».

D’un côté un photographe, formant avec Lélia Wanick Salgado un couple lumineux, engagé pour la Vie et fermement tourné vers la cicatrisation et la reconstruction. De l’autre Frans Krajcberg, un artiste révolté, solitaire, tirant sa force de sa colère. Ils partagent la même blessure, la même préoccupation pour le sort de la forêt Amazonienne, « essentielle pour toute la planète ». Ils partagent aussi le même espoir, celui de la reconstruction, de la résilience, de la naissance d’un monde nouveau grâce à la reconnexion de l’Homme avec la Nature.


Espace Krajcberg
21 Avenue du Maine
Paris 75015 

Frans Frajcberg, un artiste emblématique du XXé siècle

Frans Krajcberg, "La Révolte III, 1994,
bois brûlé et pigments naturels.

Frans Krajcberg (1921-2017) est l’un des plus grands artistes brésiliens du XXème siècle. Sculpteur, peintre, photographe, fervent militant de la cause environnementale, il nous a quittés le 15 Novembre 2017, à l’âge de 96 ans.
Né en Pologne en 1921, dans une famille juive, il perd tout pendant la guerre et émigre au Brésil où fasciné par la richesse naturelle de la faune et de la flore il s’installe pour créer sans relâche jusqu’à sa mort. Ses liens avec Paris demeurent néanmoins très puissants. C’est là qu’il a trouvé refuge parmi les artistes de Montparnasse. C’est de là qu’il est parti, poussé par Marc Chagall et Fernand Léger. C’est là qu’il revient sans cesse, retrouver ses amis et se ressourcer, jetant inlassablement une passerelle entre Rio et Paris.
Toute sa vie, Frans Krajcberg a mis son art au service de la nature afin « d’entraîner un mouvement qui mobilise l’expression d’une conscience planétaire ».

Appelant à « une nouvelle éthique de la création artistique », il rappelait que l’artiste, plus que jamais, « doit être au cœur de tout projet de civilisation : intégralement et radicalement ».


UN FERVENT MILITANT DE LA CAUSE ENVIRONNEMENTALE



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